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Les SLA (Service Level Agreement) en maintenance applicative : que doit contenir un bon contrat ?


Dans le cadre de l'externalisation de la maintenance et de l'évolution des applications (TMA), le Service Level Agreement (SLA) n'est pas une simple annexe contractuelle ; il est le fondement juridique et opérationnel de la relation entre le client et son prestataire. C'est l'outil qui transforme une vague promesse de qualité en un engagement chiffré, mesurable et sanctionnable.

Un SLA maintenance applicative bien conçu est une garantie de continuité de service et de performance, protégeant ainsi le cœur de l'activité de l'entreprise cliente. Sa rédaction doit être précise, objective et parfaitement alignée sur la criticité des applications concernées.
Ce guide présente la structure essentielle et les clauses indispensables d'un contrat SLA efficace.


Définition d’un SLA

Le Service Level Agreement (SLA), ou Accord de Niveau de Service, est un document contractuel qui formalise l'engagement d'un fournisseur envers son client concernant la qualité d'une prestation de service.

En maintenance applicative, le SLA détaille précisément :

  1. Le service fourni : La liste des applications couvertes (périmètre), les processus de support (assistance), et les types de maintenance (corrective, évolutive, préventive).
  2. Le niveau de service attendu : Les objectifs de performance (ou SLO, Service Level Objectives) que le prestataire s'engage à atteindre, mesurés par des indicateurs SLA IT objectifs (ou SLI, Service Level Indicators).
  3. Les modalités d'évaluation : La fréquence des rapports, les outils de mesure utilisés, et la méthode de calcul des indicateurs.
  4. Les responsabilités et les recours : Les obligations de chaque partie et les mécanismes de compensation (pénalités) en cas de non-respect des engagements.

Le SLA sert de référence objective pour évaluer la performance du prestataire et assure une transparence totale dans la gestion quotidienne des applications.


Les clauses essentielles d’un SLA applicatif

Pour qu'un contrat SLA ait une valeur opérationnelle et juridique, il doit comporter des clauses précises et quantifiables.

Disponibilité et performance

Ces clauses définissent l'accessibilité et la vélocité du service, indicateurs critiques pour la continuité d'activité.

Taux de Disponibilité

C'est l'indicateur fondamental, généralement exprimé en pourcentage, mesurant le temps durant lequel le service (l'application) est fonctionnel et accessible aux utilisateurs.

  • Exigence contractuelle : Le SLA doit définir clairement le taux de disponibilité garanti (ex: 99,5 %, 99,9 %, ou "cinq neufs" : 99,999 %).
    Note pratique : Un engagement de 99,9 % de disponibilité mensuelle autorise environ 43 minutes d'interruption par mois, tandis que 99,999 % n'en autorise que 26 secondes. Le choix dépend de la criticité de l'application (une plateforme e-commerce ou bancaire exigera le "cinq neufs").
  • Définition du Temps d'Arrêt : Le contrat doit définir précisément ce qui constitue un "temps d'arrêt" (indisponibilité totale, dégradation des performances au-delà d'un seuil critique, etc.).
  • Plages de Service : Les heures de service garanties (ex: 24/7, ou seulement Jours Ouvrés de 8h à 18h) et les fenêtres de maintenance planifiée (qui doivent être exclues du calcul du taux d'indisponibilité).

Indicateurs de Performance Technique

Le SLA doit inclure des métriques de rapidité pour garantir une expérience utilisateur fluide.

  • Temps de Réponse de l'Application : Délai maximal entre la requête de l'utilisateur (clic) et la réponse du système (affichage de la page). (Ex: Temps de chargement inférieur à 3 secondes).
  • Temps de Traitement : Durée maximale pour l'exécution de tâches critiques (Ex: 95 % des transactions doivent être traitées en moins de 500 ms).

Temps de réponse et délais d’intervention

Dans le cadre d'un SLA maintenance applicative, cette clause gère l'efficacité du prestataire face à un incident. Les délais doivent être corrélés à la criticité de l'anomalie.

Classification des Incidents

Le SLA doit d'abord définir une classification des incidents (Severity Levels) pour que les délais soient pertinents :

Niveau de Criticité

Définition

Critique (P1 - Bloquant)

Arrêt total ou partiel du service empêchant le cœur de métier (ex: impossibilité de commander, de facturer).

Majeur (P2 - Dégradé)

Fonctionnalité essentielle affectée, impactant significativement la productivité (ex: bugs sur un module dereporting).

Mineur (P3 - Faible)

Problème esthétique ou erreur non bloquante.


Garanties de Délai (KPI)

​Le contrat SLA doit ensuite associer des objectifs mesurables à chaque niveau de criticité. Les principaux indicateurs SLA IT sont :

  • GTI (Garantie de Temps d'Intervention / Prise en Charge) : Délai maximal entre le signalement de l'incident par le client et l'accusé de réception par le prestataire et le début de l'analyse (Ex: Prise en charge P1 en 15 minutes, 24/7).
  • GTR (Garantie de Temps de Rétablissement / Résolution) : Délai maximal pour la mise à disposition d'un correctif ou d'une solution de contournement (Ex: Résolution P1 en 4 heures).


Pénalités en cas de non-respect

Un SLA sans mécanisme de compensation est un engagement moral, non contractuel. La clause de pénalité est le facteur de motivation ultime pour le prestataire.

  • Mécanismes de Déclenchement : Le contrat doit indiquer la manière dont les pénalités sont calculées (Ex: Un taux de disponibilité inférieur à 99,9 % déclenche des compensations).
  • Nature des Pénalités : Les sanctions sont généralement financières. Elles peuvent prendre la forme de :
        > Crédits de service : Remise sur la prochaine facture, souvent proportionnelle à la défaillance.
        > Indemnités fixes : Montant prédéfini en cas de non-respect d'une GTR critique.
  • Plafonds : Il est d'usage de définir un plafond maximum pour les pénalités (souvent un pourcentage du montant total du contrat) afin de ne pas rendre le contrat irréaliste pour le fournisseur.


Pourquoi un SLA est crucial pour la maintenance applicative ?

Le SLA maintenance applicative est indispensable pour la gestion des risques et la performance de l'entreprise cliente.

1. Sécurité Opérationnelle et Transparence

Le SLA élimine toute zone d'ombre. Il force les deux parties à s'aligner sur des attentes réalistes et mesurables. Pour le client, c'est la certitude que l'activité sera protégée en cas de défaillance. Pour le prestataire, c'est un cadre de travail qui lui permet de structurer ses ressources pour atteindre les objectifs fixés.

2. Pilotage des Coûts et du ROI

Le SLA permet de relier le coût du service à sa performance. En mesurant les indicateurs SLA IT de manière objective, le client dispose d'un outil de pilotage pour évaluer le retour sur investissement de l'externalisation. Si le prestataire ne respecte pas ses engagements, les pénalités permettent de rééquilibrer la valeur de la prestation reçue.

3. Gestion de la Criticité

En appliquant un niveau de service différent selon la criticité (P1, P2, P3), le SLA garantit que les ressources du prestataire sont correctement allouées. Les incidents qui menacent directement le chiffre d'affaires ou la production sont priorisés, assurant ainsi la continuité du service essentiel du client.


Conclusion

Le SLA maintenance applicative est la pierre angulaire de tout contrat de Tierce Maintenance Applicative réussi. Il est le seul document capable de traduire les besoins métier en exigences techniques chiffrées. Sa rédaction doit être rigoureuse, en définissant clairement la disponibilité, les délais d'intervention et les mécanismes de pénalités associés aux indicateurs de performance.
Un contrat SLA précis est un gage de sérénité pour le client et un moteur de qualité pour le fournisseur, instaurant une relation de confiance et de responsabilité mutuelle.


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